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A propos d'Obligement
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David Brunet
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Test d'Universe
(Article écrit par Michel Houng et extrait de Génération 4 - septembre 1994)
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Chouette, les fans d'aventure sur Amiga vont être ravis. Alors que la période des vaches maigres ne
cessait de s'allonger, voici que les éditeurs se décident à satisfaire la demande, ce que fait parfaitement
Core Design avec Universe.
Je suis persuadé que beaucoup d'entre vous considèrent que les Américains sont les meilleurs programmeurs
et font les meilleurs jeux d'aventure. Détrompez-vous ! C'est oublier bien vite nos chers voisins d'outre-Manche.
Après un succès d'estime avec ">Curse
Of Enchantia, Core Design récidive avec Universe. Vous vous demandez certainement pourquoi je me permets
de penser que les Anglais font aussi bien que les Américains. Pour connaître la réponse, je vous invite à
poursuivre la lecture de cet article.
C'est assez étrange mais le thème de l'égarement d'un personnage dans un monde qui lui est totalement
inconnu revient souvent dans les jeux. Il suffit de voir la série des Ultima, ou plus récemment Simon
The Sorcerer, pour me conforter dans cette idée. Même Curse Of Enchantia, un jeu du même éditeur, a ce
thème comme point de départ. Universe s'ajoute à cette longue liste. Le héros du jour se nomme Boris Verne.
C'est un jeune adolescent passionné d'informatique. Alors qu'il vaque à ses occupations préférées sur
son magnifique ordinateur 35 bits surpuissant, sa chère maman lui demande de porter du courrier à son
oncle. D'un naturel obéissant, Boris s'exécute illico presto.
Encore paumé
Assez loufoque, voire excentrique et inventeur de son état, son oncle est très apprécié par Boris. En
se baladant dans la maison, Boris découvre un engin ovoïde assez bizarre qui est la dernière invention
de son oncle : un Virtual Dimension Inducer. Adolescence oblige, la première bêtise que fait Boris
consiste à mettre en marche cette bizarrerie artificielle. Il se retrouve dans un monde inconnu et il
lui faudra trouver le moyen de s'en sortir en effectuant quelques quêtes.
Drôlement efficace
De par le genre abordé, l'interface se devait d'être sans reproche. C'est réussi. Avec celle de Lucas Arts,
celle de Core Design est l'une des mieux pensées. Tout y est très simple et on prend rarement une action
pour une autre. Cette interface se présente sous divers plans. La barre de menus principale comporte les
actions les plus courantes : prendre, utiliser, regarder, parler, attaquer plus deux icônes, inventaire et
options. Dans le menu options, on a des actions plus particulières comme insérer, tirer ou pousser, manger
ou boire, revêtir, lancer, combiner, ouvrir ou fermer, sauter plus une icône infos. Toutes ces actions
sont utilisées dans des cas très particuliers. Ils donnent plus de réalisme à votre progression.
Cette interface est en fait reprise de celle de Curse Of Enchantia, toute en icônes, mais a été simplifiée.
Par exemple, quand on décide de sauter, vous n'avez plus besoin d'indiquer dans un autre sous-menu par-dessus
quoi vous sautez : il suffit de cliquer sur l'endroit voulu à l'écran.
La maîtrise du verbe
Avec ses actions, il est difficile d'être bloqué même si quelques défauts subsistent. Ainsi, à un moment
donné, vous devez glisser dans un conduit d'aération. La logique voudrait que l'icône qui correspond le
mieux soit le saut. Pourtant, le programme ne le reconnaît pas. Il faut en fait utiliser l'icône "tirer/pousser".
Le système des dialogues est des plus simples (comme chez Lucas Arts) : vous avez le choix entre plusieurs
propositions, à vous de savoir manier le verbe. La grande originalité d'Universe vient de la variété des
déplacements. Dès que vous pourrez vous procurer une voiture spatiale, vous pourrez vous promener de galaxie
en galaxie, de planète en planète, et même de zone en zone. Les commandes à l'intérieur de votre véhicule
spatial permettent de quitter la planète pour décoller, atterrir, choisir la destination et choisir le
quadrant (afin de localiser le quartier de la planète que vous voulez visiter).
Lors de vos sorties interstellaires, vous risquez de rencontrer des individus peu fréquentables comme
ce sournois et brutal Snorglat.
Très proche aussi des jeux de Delphine Software, Universe mêle aventure et séquences d'arcade. Cela donne
une toute autre dimension au jeu. Il en va de même pour les intermèdes cinématiques de toute beauté.
Les programmeurs ont même inclus un mini casse-briques que vous trouverez dans un bar de Wheel-world
(et aussi un Space Invaders et une phase de jeu de tir simpliste en 3D).
La technique
Toutes ces caractéristiques ne suffiraient pas pour en faire un succès si la réalisation ne suivait pas.
Tout amigafan qui connaît un tant soit peu sa bécane sait que l'Amiga 500/600 n'est pas censé afficher
plus de 32 voire 64 couleurs (en mode Extra Half-Bright) en même temps (excepté le mode HAM et bien sûr
les Amiga AGA). Alors pour faire taire toutes les personnes qui estiment qu'un jeu qui ne comporte pas
256 couleurs n'est pas un bon jeu, les programmeurs de Core Design ont réussi à afficher 256 couleurs, et ce,
sur un Amiga OCS ! Cela grâce au système nommé "SPAC". Le résultat est assez impressionnant.
En fait, ce n'est pas un mode 256 couleurs, c'est une astuce qui implique le Copper pour changer
la palette de 15 couleurs dans chaque ligne de balayage, ce qui donne autant de couleurs à l'écran.
Pour vous donner une petite idée, vous obtenez une qualité graphique supérieure aux jeux PC (celui-ci souffrant
de ses pixels rectangulaires qui entraînent un manque de finesse), comme dans les jeux de Sierra On-Line.
Les graphistes de Core Design ont, en effet, utilisé la même technique que Sierra On-Line. Elle consiste
à peindre les décors puis à les numériser afin de les intégrer dans le jeu. Cela donne un style particulier
bien plus réaliste qu'un dessin direct sur micro-ordinateur (qui ont tendance à être trop "propre").
Le héros bénéficie, de plus, de 500 sprites pour son animation. Ils sont créés avec la technique de la
rotoscopie. Sans atteindre la qualité de Simon The Sorcerer dans ce domaine, Universe s'en sort bien
grâce à une diversité de mouvements du personnage principal. Ainsi, on peut le voir marcher, courir,
ramasser, sauter, glisser, passer par une trappe, frapper, etc. Tout ceci apporte un plus indéniable
qui évite que l'on se retrouve devant des jeux dont les héros ont des mouvements extrêmement limités.
Toutefois les sprites (manquant souvent de détails) s'y intègrent moins bien que ne pouvaient le faire ceux
de Curse Of Enchantia, et globalement les décors manquent tout de même d'un poil de variété.
Le contexte sonore se résume à une multitude de thèmes musicaux aux styles assez variés qui changent
en fonction des lieux et parfois des événements. Pour ce qui concerne le contexte sonore, je regrette
seulement que les programmeurs n'aient pas jugé bon d'inclure suffisamment de bruitages.
Après avoir testé les derniers jeux d'aventure sur Amiga avec des temps de chargement incroyablement
long (King's Quest 6 par exemple), j'ai découvert avec surprise que Universe était parfaitement bien
géré de ce côté-là. En fait, on ne change de disquette que très rarement. Le temps de chargement est
beaucoup plus qu'acceptable. Il semblerait que les auteurs tiennent compte de la quantité de mémoire
disponible. L'ayant testé sur un A1200, je n'ai changé de disquette que lorsque j'ai quitté une nouvelle
planète ou un nouveau quartier.
Pour couronner le tout, l'interface est parfaite et a déjà fait toutes ses preuves. Les énigmes
sont généralement logiques, même si par moments, la façon de les résoudre peut paraître un peu
curieuse. Ce système de contrôle par icônes est parfois stupide et rébarbatif et rend certaines
des solutions difficiles.
Core Design a atteint la maturité avec Universe. S'ils continuent dans cette voie, il se pourrait
que les Anglais rattrapent définitivement les Américains.
L'avis de Michel
Universe est de la même trempe que les jeux Lucas Arts. En réalité, le grand avantage d'Universe
est de proposer un jeu de la durée de vie des Lucas Arts, avec une interface ergonomique,
une réalisation graphique équivalente aux programmes PC et le tout sur un simple Amiga 500.
Je suis enfin bien content de voir qu'il ne faut pas nécessairement être plein aux as pour découvrir
de très bons jeux.
Nom : Universe.
Éditeur : Core Design.
Genre : jeu d'aventure.
Date : 1994.
Configuration minimale : Amiga OCS, 68000, 512 ko de mémoire.
Licence : commercial.
Prix : environ 350 FF.
NOTE : 8/10.
Les points forts :
- 256 couleurs en OCS !
- De beaux thèmes musicaux qui changent au cours de l'aventure.
- Des paysages grandioses.
- Intermèdes cinématiques de toute beauté.
- L'animation du héros.
- Une touche d'humour.
- Quelques séquences d'arcade.
- Version en français.
Les points faibles :
- Décors peu variés.
- Des sprites qui manquent de détails.
- Le contrôle par icônes parfois rébarbatif pour résoudre certaines énigmes.
- Quasiment aucun bruitage.
- Pas d'installation sur disque dur.
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