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A propos d'Obligement
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David Brunet
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Actualité : La police interrompt une "copy-party" à Colmar
(Article écrit par Alain Rominger et extrait des Dernières Nouvelles d'Alsace - juillet 1989)
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Sur ordonnance du procureur de la République saisi par l'APP (Agence pour la protection des programmes
informatiques), une quinzaine d'inspecteurs de la police judiciaire ont interrompu, dans l'après-midi
du 14 juillet 1989, ce qu'on appelle dans le jargon des groupements informatiques une "copy party"
organisée par deux clubs locaux (A Best Energy et Zigag) et regroupant quelque 70 jeunes d'une moyenne
d'âge de 17 ans, passionnés par l'informatique.
Tant que ces adolescents, venus de tous les horizons de l'hexagone, se contentent d'organiser des
concours de "démos", c'est-à-dire de confronter leurs créations dans les domaines du "scrolling",
de l'animation ou de la musique, histoire de mettre en valeur les compétences de leur groupe, de
les échanger ou de les copier pour les copains, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes
possibles... Les problèmes commencent lorsque certains entreprennent de copier des programmes qui ne
sont pas dans le domaine public.
N'ayant, pour la plupart, que le seul argent de poche que leur octroient leurs parents (ils sont pratiquement
tous lycéens), ils échangent - sans but lucratif - les logiciels que possèdent déjà leurs copains.
"Tu me files Windsurf Willy, je te passe Test Drive II"... ce qui est formellement interdit !
C'est là qu'intervient l'APP (l'équivalent de la SACEM pour la musique) chargée de défendre les intérêts
des concepteurs de logiciels et de ceux qui les commercialisent. Car, si au cours de ces réunions,
la plupart des fanas de l'informatique présentent leurs propres créations, il arrive que certains piratent
des logiciels protégés. C'est dans le cadre de la lutte contre de tels procédés que l'APP a décidé de
frapper un grand coup lors de la réunion du 14 juillet 1989 au foyer Saint-Joseph de Colmar.
C'est ainsi que vers 18h une quinzaine d'inspecteurs de la PJ, accompagnés des représentants de l'APP,
ont investi le foyer Saint-Joseph pour prendre en flagrant délit de copie les participants à cette
manifestation. Des ordinateurs ont été placés sous scellés ainsi que plusieurs centaines de disquettes.
"Pour les saisir, relève le représentant de l'APP, il suffit d'un constat de présomption de copie"...
C'est ainsi que disquettes vierges, démos personnelles (qui ont souvent nécessité des mois de travail
de la part de ces passionnés d'informatique) sont saisis pêle-mêle et placés sous scellés, destination
le procureur de la République qui décidera, après enquête, de la poursuite pénale ou civile des
contrevenants. "Ce qui est grave, ajoute-t-il, c'est que ces réunions sont de plus en plus fréquentes
et que des jeux sont souvent piratés avant même d'être diffusés dans le commerce."
Les "pirates", qui tiennent plus du moussaillon que du vieux baroudeur, n'ont bien entendu pas la
même optique : "Les logiciels sont beaucoup trop chers pour nous, si bien que le piratage est
devenu en France une véritable institution, alors que dans d'autres pays d'Europe, il n'y a pas de
protection de ce genre. De plus, nous ne les vendons pas lorsque nous en avons, nous ne faisons que
des échanges.
Leur quête insatiable de "News" (les plus récents programmes sortis) est justement la goutte qui
a fait déborder le vase de l'APP, dont le représentant a avoué que l'opération colmarienne est
une "première" en France, sinon en Europe.
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