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Enfants, nous rêvons tous de devenir pompier, vétérinaire, motard ou docteur. Avec le temps, tout change : cessons-nous de rêver en grandissant ? Votre courrier témoigne plutôt du contraire. De plus en plus de lecteurs désirent aujourd'hui faire de leur passion pour les jeux vidéo un métier pour la vie... L'univers des jeux offre-t-il des débouchés ? Quels sont les métiers qui peuvent vous intéresser ? Quelles études devez-vous faire et combien gagne un programmeur ? Voilà quelques questions que certains d'entre vous se posent. Pour faire le point et vous guider, nous les avons posées pour vous. Suivez le guide, on commence... Mise en garde : le descriptif de chaque poste est indicatif. D'une société à l'autre, des différences notables peuvent être enregistrées. La dénomination des métiers peut aussi varier. On parle volontiers d'un graphiste, d'un illustrateur ou d'un infographiste pour désigner la même personne. Les fourchettes de salaire sont également indicatives : pour un même poste, les écarts sont nombreux. 1. La création du logiciel La création d'un logiciel rassemble de nombreux talents. La phase de création débute avec une idée et se termine quand le programmeur corrige le dernier bogue et intègre le dernier son. Sans oublier les finances ! PDG Salaire de 0 à 5 millions de francs par an. Roland Oskian est le président-directeur général de Coktel Vision. Ingénieur centralien, il quitte la division satellites de Matra au début des années 1980 pour se lancer dans la grande aventure du logiciel. Ses diplômes rassurent les partenaires et la société ne tarde pas à investir le marché de l'Oric et du Thomson TO7. Aujourd'hui, Coktel Vision brille sur le marché de l'éducatif avec les programmes ADI et ne manque pas de faire des étincelles avec des bombes comme Inca. Quel rôle jouez-vous dans l'entreprise ?J'aime m'investir à tous les niveaux du développement. La mise en scène des titres m'attire particulièrement. Je m'occupe du marketing et des affaires commerciales. J'aide les équipes de programmation et je suis les projets. Enfin et surtout, je règle tous les problèmes. Parfois aussi, je porte les lauriers... Quels sont les points forts de
votre métier ?Le principal atout est le pouvoir décisionnel qui intervient notamment dans le domaine du multimédia. Je dois constamment me remettre en cause et me forger une opinion au sujet des nouveaux matériels. C'est également un métier qui me permet de rêver. Des points faibles ?Je travaille énormément. Je supporte aussi de lourdes responsabilités. Je ne connais aucun PDG qui n'ait pas eu des angoisses financières. J'ai également vu beaucoup de sociétés déposer le bilan. Quelles sont les qualités qu'un
PDG doit développer ?Avant toutes choses, ce doit être un animateur d'équipe. Il doit veiller à organiser et à motiver tous les membres de la société. Il doit croire aux produits créés et être disponible à tout moment. Quelles sont les espérances professionnelles
d'un PDG ?Toutes celles qui concernent l'évolution de la société. Comment voyez-vous l'avenir de cette
profession ?Radieux ! Le grand public, les grands de l'électronique, tous se tournent aujourd'hui vers le multimédia. L'éducation interactive sort également peu à peu du fond de la classe. Quels conseils donneriez-vous aux
personnes qui désirent se lancer ?Au risque de surprendre, je pense que chaque fois que l'on peut sortir du rang, il faut le faire ! Il y a aujourd'hui de la place pour quatre personnes prêtent à se serrer la ceinture pendant un ou deux ans. Avec du talent et de la persévérance tout est possible. ![]() Roland Oskian est le PDG de Coktel Vision. Un poste risqué mais rémunérateur si tout se passe bien. À déconseiller si vous aimez dormir la nuit et que 16 heures de boulot par jour vous rebutent. Salaire : les musiciens salariés ne sont pas légion. Ils se contentent souvent des droits d'auteur ou d'un fixe. Le métier de musicien ou d'illustrateur sonore est une profession qui s'oriente de plus en plus vers le milieu ludique professionnel. Les budgets consacrés aux logiciels sont de plus en plus colossaux. Le public est maintenant exigeant sur la qualité des musiques. Le big bang du CD-ROM attise les compositions. Ce n'est pas un hasard si des sociétés, comme Coktel Vision, s'offrent les services de Gilles Douieb, un ex du groupe "Il était une fois", un artiste que l'on retrouve également aux côtés de Bernard Lavilliers. Les jeunes qui désirent s'initier à la musique doivent suivre un cursus traditionnel, à savoir solfège et pratique d'un instrument. Programmeur Salaire : une moyenne de 7000 à 20 000 FF par mois. Yves Lamoureux est ingénieur en informatique. Il fait ses premiers pas chez Infogrames avant de signer quelques belles toiles pour le compte d'ERE Informatique (Exxos). Lorsqu'ERE disparaît, il décide de travailler en indépendant et compose KGB pour Cryo. Depuis plusieurs mois, il planche aux côtés de François Lionet (l'auteur d'AMOS) sur la réalisation d'un logiciel qui permet aux débutants de construire des jeux sous Windows. Quel rôle jouez-vous dans la
conception et dans la réalisation d'un logiciel ?Je commence par la recherche de contrats avec des éditeurs ou des équipes confirmées. Je passe ensuite par la conception du produit et tente de le rendre agréable à pratiquer. Vient alors la phase de programmation. Tout en entretenant le contact avec les éditeurs. Quels sont les points forts de ce métier ?J'apprécie d'être indépendant. C'est une situation d'où l'on observe véritablement le rapport entre le travail et le salaire perçu. Un salarié touche la même somme quelle que soit la qualité de son logiciel. Pour un indépendant, c'est différent : plus le titre se vend, plus il touche de droits d'auteur. Quelles sont vos contraintes ?Il s'agit principalement d'une instabilité financière. Il faut également savoir accepter les contraintes imposées par un éditeur comme les délais. Quelles qualités doit posséder un programmeur indépendant ?Il doit être efficace, créatif et sociable. Des évolutions de carrière ?Le désir de tout programmeur est de créer sa propre société. Il est également possible de devenir salarié. Les propositions d'embauches ne cessent de tomber sur le bureau des bons programmeurs. Y a-t-il un avenir pour les auteurs
et les programmeurs indépendants ?Il est de plus en plus difficile de s'imposer. Contrairement aux graphistes, le programmeur ne peut se contenter d'une petite station de travail. Il doit constamment renouveler son matériel afin de rester en course. Il faut travailler avec de gros moyens sur de gros projets et, bien entendu, trouver un éditeur qui fait le poids. Quels conseils donneriez-vous
aux jeunes qui désirent devenir programmeur ?Je leur donnerai deux conseils. Le premier s'adresse aux jeunes sans expérience. Il vaut mieux entrer en qualité de salarié chez un éditeur et recevoir une formation. Cette étape me semble indispensable. Le second est destiné aux éléments confirmés. Pour eux, l'aventure en indépendant mérite un détour. Il faut alors se discipliner, trouver un concept novateur, former ou intégrer une équipe et frapper à la bonne porte... Directeur artistique Salaire : un graphiste débutant gagne aux alentours de 8000 FF par mois. Patrick Charpenet occupe le poste de directeur artistique de chez Infogrames. D'un niveau d'étude Bac +2, il s'est aventuré six ans dans les métiers de la communication avant de trouver sa véritable voie, l'illustration et l'infographie... Quelles sont vos fonctions dans
l'entreprise ?Je m'occupe du développement des titres sur CD-ROM PC, en l'occurrence Alone 3 et Shadow 2. Je règle tous les détails de la production et j'organise le travail. Ma fonction principale consiste néanmoins à découvrir de jeunes talents dans le domaine du graphisme. Quels sont les points forts de
votre métier ?L'infographie me procure un plaisir intense. Le jeu vidéo laisse la part belle aux rêves et à la liberté d'expression. Le contact avec les membres d'une équipe et le brassage de compétences qui l'accompagne est très motivant. La découverte de nouveaux talents ne l'est pas moins. Quelles qualités doit absolument
posséder un graphiste ?Il doit être curieux. Tout est bon pour se cultiver, le cinéma, la bande dessinée et surtout le travail des autres illustrateurs. Il faut éviter de se cloisonner, toujours chercher à perfectionner son style et tenter de nouvelles expériences avec sa machine. Je reçois tous les mois un nombreux courriers de dessinateurs qui souhaitent devenir infographistes. Aussi curieux que cela puisse paraître, seules quelques lettres, ou CV, sont accompagnées de fichiers graphiques, un comble pour des personnes qui souhaitent s'illustrer ! Infogrames tolère la spécialisation des graphistes. Je préfère largement un artiste qui maîtrise parfaitement un logiciel de dessin 2D ou 3D qu'un individu qui touche un peu à tout. Il est cependant vrai que le métier s'oriente désormais de plus en plus vers un poste à caractère technique. Quels conseils donneriez-vous aux
jeunes graphistes ?C'est un métier de longue haleine que l'on n'épouse pas à la légère. Si dans la publicité, un projet s'étend sur quelques semaines, la réalisation d'un jeu couvre parfois plus d'une année, voire deux. Il faut être prêt à consacrer toute son énergie à un titre sur d'aussi longues périodes. Il est aussi important de posséder un solide base de dessin tant d'illustration, que d'animation, d'esthétisme ou d'architecture. Toutes les écoles sont bonnes à suivre, toutes vous serviront un jour ou l'autre pour répondre à un besoin. ![]() Pour Patrick Charpenet, le directeur artistique doit posséder une qualité indispensable : l'organisation ! Salaire : en moyenne, cela se situe entre 10 000 et 30 000 FF par mois. Hubert Chardot est un prince aux mille talents. Après une première année de sciences politiques, il devient journaliste. Il obtient ensuite un poste de directeur d'une salle de cinéma puis se tourne vers la distribution de films. Aujourd'hui, il oeuvre pour le compte d'Infogrames en qualité de producteur exécutif. Quel rôle jouez-vous dans
l'entreprise ?Je rédige des scénarios et j'anime les groupes de travail. Quels sont les éléments qui vous
motivent dans votre activité ?L'écriture tout d'abord. Je rencontre beaucoup de gens et je côtoie de nombreux corps de métiers. Quels sont les points faibles
que vous rencontrez ?L'enfer, ce sont les autres... quelquefois ! Quelles sont les qualités qu'un
scénariste doit développer ?Il doit avant tout posséder une écriture rapide et efficace. Quelles sont les évolutions de
carrières possibles pour un jeune scénariste ?Le métier du jeu vidéo est parfait pour se faire la main. Un jeune scénariste peut gagner honorablement sa vie en suivant cette voie. Il faut cependant éviter de croire que cette expérience vous ouvre toutes grandes les portes vers les métiers du cinéma. Pour réussir, il existe une bonne recette : être là au bon moment. Un bon carnet d'adresses vaut mieux qu'une série de projets qui restent dans les cartons. Quels conseils donneriez-vous aux
personnes qui désirent faire votre métier ?Écrire beaucoup et faire lire ses textes par des gens que l'on connaît. Il faut être clair et intéressant, se faire plaisir et faire plaisir aux autres. ![]() Hubert Chardot est producteur exécutif chez Infogrames Salaire : entre 12 500 et 15 000 FF. Laurent Paret a travaillé pour l'armée et pour France Télécom avant de rejoindre l'équipe d'Infogrames en qualité de programmeur. Il est aujourd'hui chef de projet. Il a un BTS en informatique industrielle. Quel rôle jouez-vous dans l'entreprise ?Je dirige une équipe et je développe des outils pour améliorer la réalisation des logiciels. Je m'occupe actuellement du projet Alone 3. Quels sont les points forts de votre métier?Je découvre tous les jours quelque chose de nouveau. Je bénéficie d'une certaine liberté. Je partage des compétences avec des contacts étrangers par l'intermédiaire de rencontres au Japon ou aux États-Unis. Des points faibles ?La fatigue cérébrale surtout ! Il faut toujours se tenir au courant. Quand on travaille avec passion, on néglige parfois sa vie privée. C'est un piège qui peut être redoutable. Comment devient-on chef de projet ?Il faut commencer par la base. Avant de diriger une équipe, il vaut mieux savoir programmer. Pour des projets comme Alone In The Dark, un IUT ou un BTS d'informatique sont des atouts majeurs car ils intègrent la notion de temps réels. ![]() Laurent Paret est chef de projet : gérer une équipe, connaître un peu tous les domaines et être très disponible Salaire environ 10 000 FF par mois. Olivier Robin est chargé de veiller à la qualité des logiciels sortant des cartons de l'éditeur Infogrames. Il a un BTS d'informatique en poche. Quel rôle jouez-vous dans l'entreprise ?Mon rôle consiste à faire subir trois types de test à chaque logiciel. Un test machine, pour voir s'il fonctionne avec toutes les configurations. Un test qualité pour détecter et corriger les erreurs de programmation (les bogues). Enfin un test de calibrage qui permet de doser la difficulté des jeux. Je présente également des logiciels aux visiteurs, j'essaye tous les logiciels de la concurrence et bien d'autres tâches comme la capture d'écran pour la presse. Quels sont les principaux points
forts de votre métier ?Ce n'est pas une occupation monotone. On change tout le temps de produits à tester. Je dois également suivre l'évolution des matériels. Je dispose à tout moment des meilleures machines. Et puis, travailler en jouant, on ne peut rêver mieux. Qui sont les testeurs ?Chaque année, nous recrutons des étudiants. Ils doivent avant tout se montrer disponibles. À tout moment, je peux les contacter pour leur demander de venir tester tel ou tel logiciel ou un titre sur console. Chaque testeur est payé à l'heure avec quelques avantages comme le prêt des machines et des logiciels. Quels conseils donneriez-vous
aux jeunes testeurs ?Ils doivent être polyvalents et s'intéresser à tous les genres de jeux. Un bon testeur doit aussi être autonome. ![]() Olivier Robin est le responsable qualité de chez Infogrames. Vérifier, revérifier et quand c'est fait, on revérifie tout... Lorsque le programmeur remet la version finale du programme au service de la duplication, les différents acteurs de la communication entrent en jeu. En fait, ils dressent leurs plans de bataille dès que le logiciel prend une véritable image. Dans ce chapitre, nous nous contentons de présenter les principales professions de ce secteur d'activité. Chef de produit Salaire : cela varie entre 10 000 et 15 000 FF mensuel. Le chef de produit est responsable d'un logiciel ou d'une gamme de titres. Il s'occupe de la rédaction des notices et de la traduction des textes. Il conçoit et réalise les jaquettes et suit l'évolution des produits. Tributaire des autres services (réalisation, distribution et promotion), il doit être disponible et d'une patience à toute épreuve. Il doit encore posséder certains talents pour l'écriture, les langues étrangères et la communication, sans oublier un sens artistique. Les méthodes de travail évoluent d'une société à l'autre. Une bonne culture générale, du talent à revendre et une formation sur le tas suffisent parfois pour exercer cette profession. Attaché de presse Salaire : de 10 000 à 15 000 FF. Après des études littéraires, Emmanuelle Kreuz se lance dans la publicité. Elle entre ensuite au sein de la société Loriciel en qualité d'attachée de presse. Elle occupe aujourd'hui la fonction de responsable de la communication chez Coktel Vision. Quel rôle jouez-vous dans l'entreprise ?J'assure la coordination et le transfert des informations presse en direction des différents médias européens. Je me charge des envois des produits et j'assure un suivi au niveau des distributeurs. Je dois également sélectionner les différents salons où la société se doit d'être présente. Quels sont les points forts de ce
métier ?J'apprécie le côté relationnel de ce métier. Le fait de voyager et de rencontrer de nombreux interlocuteurs étrangers est très agréable. Les galères ne sont pas absentes de la scène mais elles me motivent. Une attachée de presse possède un rare privilège : celui de suivre les projets de la réalisation à la distribution. Quelles sont les contraintes imposées
par ce métier ?Il faut respecter les délais de chacun, ceux des programmeurs et ceux de la presse. Il faut également donner le maximum de soi et éviter de porter des jugements injustifiés sur les programmes. Quelles qualités doit posséder une
attachée de presse ?Être disponible, organisée, avoir le goût des contacts et rester toujours dynamique. Quels conseils donneriez-vous
aux personnes qui désirent faire ce métier ?Il faut apprendre à être disponible. La passion et la connaissance des jeux est un atout. La maîtrise de la langue anglaise est un minimum. Chaque langue supplémentaire est une ouverture. ![]() Emmanuelle Kreuz est responsable de communication chez Coktel Vision. Parler couramment anglais et avoir un bon contact sont deux impératifs Salaire : ils sont en général au fixe et à la commission. Après un Bac de comptabilité, un IUT de technico-commercial, un passage en fac de gestion et de nombreux stages en entreprise, Catherine Rivière s'illustre au sein des éditions Carat au poste de responsable de la commercialisation. Elle est aujourd'hui responsable des ventes en France pour la société Infogrames. Quel rôle jouez-vous dans
l'entreprise ?Mon objectif principal consiste à développer le chiffre d'affaires de la société. Je m'occupe notamment de mettre en place des opérations spéciales pour lancer nos produits. J'entretiens également la promotion des autres titres du catalogue. Je règle les principaux problèmes liés au service des consommateurs et je planifie les animations du programme Audiotel. Je dois constamment rechercher de nouveaux marchés, de nouveaux circuits de distribution et découvrir des concepts de ventes novateurs. Quels sont les points forts de votre métier ?L'innovation au quotidien, la diversification des méthodes de vente, la recherche des meilleures mises en place pour un produit et les défis commerciaux lancés avec des partenaires. J'apprécie également l'autonomie dans mon travail. Quelles qualités doit posséder un bon
responsable des ventes ?La patience, la discipline, la rigueur, la disponibilité et l'écoute vis-à-vis de ses interlocuteurs. Comment voyez-vous l'avenir ?L'avenir est assuré à partir du moment où la société accepte de suivre les nouvelles technologies. Le jour où il n'y aura plus de travail, c'est qu'Infogrames n'aura plus d'idées à partager. Quels conseils donneriez-vous aux
personnes qui désirent devenir responsable des ventes ?Qu'elles acceptent déjà de rentrer par la petite porte. Un responsable des ventes est avant tout un très bon homme de terrain. C'est une excellente école pour apprendre à maîtriser un parc de clients. Il faut également être motivé par le produit et toujours se montrer disponible. ![]() Catherine Rivière est responsable des ventes chez Infogrames, un poste qui demande de savoir relever le défi de la concurrence... Salaire : il tourne aux environs de 10 000 FF mensuels. Bertrand Hesperin possède un Bac G2 et un BTS d'informatique et de gestion. Il est actuellement technicien SAV chez Coktel Vision. Quel rôle jouez-vous dans l'entreprise ?Je m'occupe des relations avec les clients et du suivi technique des logiciels. Je teste les jeux avec tous les matériels possibles et je règle tous les problèmes rencontrés. Les points forts de ce métier ?Le contact avec les clients et le fait de pouvoir tester un grand nombre de programmes et de configurations de matériels. Quelles sont les qualités à posséder
pour devenir un bon technicien SAV ?Au téléphone, il faut parfois être de bonne composition. Il faut se mettre au niveau de tous les utilisateurs et être pédagogue. Les journées sont longues : les permanences sont assurées jusqu'à 22 heures. D'un point de vue technique, je dois être à la page. La lecture des magazines généralistes occupe une bonne partie de mes journées. Enfin, je dois connaître les logiciels de la maison pour ne pas être surpris par les questions posées. ![]() Pour Bertrand Hesperin, le point fort du technicien SAV c'est le contact avec les clients comme la possibilité de tester un grand nombre de produits Le distributeur est le principal intervenant que rencontre les joueurs. Il est ainsi le médiateur entre l'offre, les éditeurs, et la demande, le client. On ne peut y échapper ! À la tête des grands de la distribution se tient le directeur de la commercialisation. C'est un décideur : il gère son stock et sélectionne les produits qu'il souhaite proposer à la vente. Il monte des opérations de lancement et oriente l'achat des joueurs. Il collabore étroitement avec les éditeurs et en particulier avec le responsable des ventes. Ce secteur compte également une quantité imposante de privilégiés : les revendeurs ou boutiquiers. Tous les moyens sont bons pour accrocher le client : vente par correspondance, vente en magasin spécialisé ou centrale d'achat. Une centrale comme la FNAC offre une quantité importante de postes à responsabilité. Un vendeur doit maîtriser son sujet et si possible connaître le contenu de chaque boîte de jeu proposée à la vente. Les principaux acteurs de ce marché de la distribution proposent régulièrement des postes. Libre à vous de sauter sur ces opportunités. 4. La presse spécialisée La presse spécialisée du jeu vidéo semble pour beaucoup inaccessible. En réalité, il suffit parfois de pousser simplement la porte. Un magazine informe, instruit, offre des lauriers ou brise l'image d'un titre. Il influence les achats du public. Une influence estimée à plus de 30% des ventes. Les grossistes s'appuient souvent sur le jugement des journalistes pour gérer les stocks. Rédacteur en chef Salaire : il s'échelonne entre 11 000 et 25 000 FF mensuels dans la presse informatique. Didier Latil n'a jamais grandi : entré comme pigiste à la rédaction en 1987, il a gravi un à un tous les échelons jusqu'à son siège de rédacteur en chef. Un poste qu'il conserve jalousement, non par orgueil mais parce qu'un petit plaisantin a retiré l'échelle qui lui permettait de descendre de son fauteuil. Quelles sont les activités d'un rédacteur
en chef ?En théorie, il organise le magazine, tant au niveau de son contenu que de l'équipe et du traitement de l'information. Le rédacteur en chef décide des sujets traités, s'occupe des relations avec les éditeurs (conférences de presse, salons...) et ne perd pas de temps à écrire des articles, mis à part l'édito et les articles importants. Il gère les pigistes, décide qui doit écrire tel ou tel papier et pour quand. Dans la pratique des magazines de jeux vidéo, il fait beaucoup plus : il s'occupe aussi du chemin de fer du magazine (le déroulé du journal page par page), il teste des jeux, il fait les photos ou les captures d'écran et boit comme un trou avec les éditeurs pour obtenir des informations... Quels sont les points forts de ce métier ?Il y a les relations privilégiées avec les charmantes attachées de presse, sans parler des beautés indigènes présentes sur les salons. Sans oublier les voyages à l'étranger qui permettent d'être au fait des dernières nouveautés et de dépenser son argent sur les tables de jeux de Las Vegas. Plus sérieusement, c'est surtout le défi de faire un magazine de qualité dans un travail d'équipe. Quelles qualités doit-on développer ?Outre de solides connaissances en anglais et en français, il faut savoir diriger une équipe et faire respecter les délais. Il est utile de bien analyser le marché ludique et les attentes des lecteurs pour ne pas s'éloigner les uns et des autres. Enfin, le poste de rédacteur en chef, comme tout poste à responsabilité, exige une très grande disponibilité. Quel conseil donneriez-vous
aux personnes qui désirent prendre votre place ?Ma réaction première est de leur dire : laissez-moi tranquille et n'essayez-pas de me piquer ma place ! Ensuite, je leur dirai que tout n'est pas aussi facile qu'il n'y paraît. Si comme pigiste, le boulot consiste à jouer et à faire le test, celui de rédacteur en chef est en réalité beaucoup plus astreignant, avec des problèmes plus sérieux et peut-être un peu moins de plaisir qu'on ne le pense ! Enfin, question salaire, on peut sûrement trouver mieux sans parler qu'il faut encore supporter à longueur de journée les chansons bretonnes de Yann Renouard et les ronchonnements perpétuels d'Olivier Canou ! ![]() Didier Latil, alias le Nain ou le Nabot, est le rédacteur en chef de Génération 4 Vous entrez dans le saint des saints : la conférence de rédaction de Génération 4. C'est là que surgissent les nouvelles idées, que l'on discute de l'ancien numéro et que l'on décide du contenu du suivant. L'affreux ici n'est pas Didier Latil mais Gilles, notre terrible secrétaire de rédaction. ![]() Salaire : c'est très variable selon les journaux et selon les périodes. En général, les salaires tournent entre 4000 et 18 000 FF. Cela peut aller quelquefois jusqu'à 30 000 FF. L'avis de Stéphane Lavoisard Comme quasiment la totalité des journalistes du milieu, je suis arrivé là par hasard... La chance que j'ai eue, c'est d'avoir participé dès les débuts de la société à son développement. Ne vous faites pas d'illusions, les places sont chères. En revanche, les pigistes ont largement leur chance, nous en recherchons d'ailleurs constamment. Pas de CV type : il faut être motivé, inventif et avoir du temps libre. ![]() Premièrement, oubliez qu'il faut faire des études pour devenir journaliste : je suis rentré à la rédaction par relation. En gros, je suis un pistonné. Deuxièmement, ça manque de boissons ici mais il paraît que cela est interdit. Troisièmement, le boulot est passionnant à plusieurs titres. Le fait d'être à la pointe de l'information et d'avoir les jeux bien avant les copains, voilà quelque chose de bien. Pour être plus sérieux, le milieu du jeu se développe à vitesse grand V et franchement, il y a de la place au soleil pour tous les projets. Le seul inconvénient pour rentrer dans ce milieu plus que fermé, c'est qu'il faut connaître du monde ou prendre son courage à deux mains pour défoncer le plus de portes possibles sans se décourager. Bonne chance à tous ceux qui veulent nous rejoindre. Autre chose, le quota de Bretons vient, paraît-il, de passer la barre admissible... ![]() En fait, pour ce boulot, si vous possédez un niveau de culture générale acceptable, de solides notions d'anglais, que vous êtes compétent sur le fonctionnement d'une machine, que vous suivez le milieu du jeu vidéo de près et que vous pouvez écrire de façon correcte (remarquez, ça fait déjà pas mal !), il ne vous reste plus qu'à prendre un bélier et à défoncer les portes... vous devriez arriver à vos fins. Les avantages sont multiples. D'abord, on travaille dans un milieu très décontracté où le costume et les ronds de jambes sont absents. On bosse avec une bande de copains et, dans l'ensemble, cela apporte plus de points positifs que négatifs. Ensuite, il y a les voyages : Angleterre, États-Unis sont des passages obligés qui permettent de rencontrer des gens passionnants pour certains, passionnés pour la plupart. Le milieu du jeu vidéo n'en est qu'à ses balbutiements. Les techniques qui pointent leur nez laissent présager des révolutions techniques qui vont marquer la fin du siècle et auxquelles nous assisterons en priorité en tant que journalistes. Par contre, ne vous faites pas d'illusions : si nous passons 5% de notre temps sur des jeux, c'est un maximum. De plus, certains d'entre eux sont de vraies daubes... Enfin, si vous pensez faire cela la semaine et vous reposez tranquillement le week-end, laissez tomber tout de suite. A titre d'exemple, la semaine de bouclage du dernier numéro, nous avons bossé 80 heures ! Enfin, quand on aime, on ne compte pas. ![]() Je suis rentré dans la profession en 1987 en gagnant un concours de jeux vidéo lors d'un salon. J'ai rencontré un rédacteur qui m'a demandé si cela m'intéressait. A 16 ans, on ne refuse pas une occasion pareille. D'abord pigiste dans pas mal de canards, j'ai commencé à rencontrer les éditeurs et c'est cet aspect qui me plaît le plus. On s'y fait des relations, parfois d'amitié, et surtout il est bien plus intéressant de faire des rencontres plutôt que de rester seul dans la salle de test. Contrairement à Olivier Canou ou Yann Renouard, je n'ai jamais eu l'occasion de me déplacer à l'étranger. Je voudrais aussi quelque peu démystifier ce boulot. Beaucoup pensent qu'on s'y éclate à longueur de journée. On s'amuse pas mal, c'est vrai, mais comme le souligne Olivier Canou, les contraintes sont nombreuses (articles à rendre à l'heure, bouclages serrés, retards des éditeurs, déplacements, etc.). De plus, à la longue, on perd un peu le plaisir du jeu au détriment du plaisir de la nouveauté. Maintenant, si vous êtes réellement férus de jeux avec des connaissances en anglais et un français pas trop mauvais, lancez-vous ! ![]() Je suis entré dans la profession en 1986. Une petite annonce parue dans Amstrad Magazine avait retenu mon attention. La semaine suivante, je rédigeais mon premier texte en qualité de pigiste. Je dois beaucoup à mes premiers rédacteurs en chef qui m'ont aidé à écrire mes premiers textes. Avec le temps, on gagne la confiance des éditeurs et le métier devient passionnant. Les visites de courtoisie, les lunchs sur la tour Eiffel, les vols en hélicoptère, la conduite d'une Lotus, les goûters au Ritz, les séjours à l'étranger ou les promenades de santé à Eurodisney sont des souvenirs inoubliables. Pour réussir dans ce métier, il faut être discipliné et veiller à rendre ses papiers à l'heure. Il faut parfois refuser de tester un jeu quand on sait que le test ne sera pas fait en temps et en heure. Au début, c'est délicat à comprendre. Le revers de la médaille en terni le reflet : au fil des mois, un testeur devient de plus en plus exigeant. Le comble, lorsqu'un test vous enchante : vous n'avez pas le temps d'en profiter. Aussitôt après Day Of The Tentacle, Lands Of Lore tombe dans votre panier. On finit par ne plus réellement apprécier un jeu. Rassurez-vous, c'est volontairement schématique. Dans la réalité, nous avons tous des jeux que nous retrouvons pour nous détendre. ![]() Il existe d'autres métiers dans le secteur de la presse que nous ne pouvons aborder faute de place. Le secrétaire de rédaction (de 9000 à 18 000 FF). Ce journaliste est la tour de contrôle du journal, il s'occupe de réceptionner, de réécrire et de vérifier les informations des articles. Il coordonne également la mise en page et la fabrication du magazine.
Le secrétaire de rédaction est avant tout un journaliste. C'est un peu la tour de contrôle. Il supervise toute la réalisation du journal (ce n'est pas un escroc ou un mercenaire comme le maquettiste !). Son laborieux et harassant travail commence aux aurores. Tout d'abord, il faut sonner le rappel des troupes d'une rédaction souvent endormie et inerte qui attend le dernier moment pour rendre ses papiers. Une fois le texte arrivé (ce n'est pas trop tôt !), il faut souvent le réécrire, comprendre, le traduire en français, pour le rendre accessible au plus grand nombre de lecteurs. Croyez-moi, dans le domaine, il y a du travail. Il faut encore suivre l'actualité du jeu pour vérifier l'information. En clair, cela veut dire qu'il faut éviter tous les dérapages qui peuvent se glisser dans un article. De toute façon, à la moindre faute, erreur ou coquille (enlevez le "q" et vous comprendrez le sens du mot), c'est vous qui êtes en première ligne. Le secrétariat de rédaction se révèle une école de modestie et d'humilité que bon nombre de nos testeurs devraient fréquenter régulièrement. Sinon, le secrétaire de rédaction peut libérer toute sa hargne sur un circuit de karting où il n'est pas rare de le voir dans le peloton... des derniers. ![]() Escroc non, mercenaire malgré nous. Dans ce bourbier qu'est le bouclage de Génération 4, les âmes sensibles ne survivent pas longtemps. Bastion de la dernière chance, la maquette doit tout rattraper. "À l'impossible nul n'est tenu" est proscrit de notre dictionnaire. Par contre, disponibilité, rapidité, endurance et dépassement de soi en font partie. On improvise, on s'adapte, on est des mercenaires. Et toc. Le salaire, quant à lui, est aussi capricieux que la créativité. De 0 à 1 000 000 FF... ![]() Cette liste n'est pas exhaustive, mais c'est déjà un bon aperçu des métiers qui vous tendent les bras si les jeux vidéo vous intéressent.
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