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A propos d'Obligement
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David Brunet
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Entrevue avec Daniel Duthil
(Entrevue réalisée par Scattergold et Chester et extraite de ZINE - août 1990)
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Voici une courte entrevue avec Daniel Duthil, le président de l'APP, l'Agence de Protection des Programmes
en France.
Avec les protections
des éditeurs de logiciels, il est difficile, voire impossible de faire une sauvegarde, est-ce qu'ils trompent
l'honnête utilisateur ?
Il faut distinguer deux situations. La première concerne les logiciels professionnels, pour lesquels une
sauvegarde est une nécessité absolue. Mais on peut constater que les utilisateurs de logiciels professionnels
ont moins l'intention de copier qu'auparavant.
Le gros problème, ce sont les logiciels ludiques, où la situation est redoutable ; et il faut mettre en place
des protections techniques, pour que les éditeurs aient une chance de vendre quelques dizaines, quelques
centaines de copies. Cela signifie qu'il ne sera pas possible de faire une sauvegarde. Bien sûr, c'est
injuste pour l'utilisateur honnête.
Mais n'est-ce
pas en contradiction avec la loi de 1985 qui autorise l'utilisateur à faire une sauvegarde ?
C'est plus compliqué que cela. La copie privée est interdite, sauf à titre de sauvegarde. Selon la loi,
l'adaptation d'un programme ne peut se faire que dans les limites des droits accordés par l'auteur. Le
fait de supprimer la protection d'un programme est considéré comme une adaptation. On estime donc qu'une
sauvegarde n'est pas un droit. Mais cette loi s'applique dans les deux sens : si la protection cause des
dommages à votre système, comme la suppression de fichiers, l'auteur est responsable.
Vous condamnez
donc l'utilisation de protections "vicieuses", qui endommagent les fichiers ou peuvent inoculer un virus
lorsque vous essayez de les "déplomber" ?
Oui, c'est illégal, c'est incompatible avec la loi Godfrain (nos amis français savent de quoi nous parlons,
mais pour nos lecteurs étrangers, nous pourrions dire en deux mots que cette nouvelle loi (5 janvier 1988)
a introduit des sanctions très sévères pour tous les types de piratage. Par exemple, si vous vous introduisez
dans un système automatique et que vous modifiez ou introduisez directement ou indirectement des données,
vous pouvez être condamné à trois ans de prison et à une amende de 500 à 150 000 francs suisses).
Si certains éditeurs introduisent ce genre de protections "vicieuses", il ne faut donc pas hésiter à les
poursuivre en justice.
Comment voyez-vous
l'avenir des protections contre la copie ?
Notre travail ne consiste pas à trouver de nouvelles protections techniques. Nous pensons que les protections
techniques ne sont pas des solutions satisfaisantes. Elles ne sont efficaces que pendant une très courte
période. Dès qu'il y a une nouvelle protection, beaucoup de gens essaient de la briser. Et ils y parviennent,
parfois avec l'aide de personnes travaillant pour l'éditeur du logiciel.
Alors, que
pensez-vous des éditeurs qui engagent d'anciens déplombeurs comme programmeurs et qui essaient de discuter
avec les pirates ?
Ce n'est pas parce qu'ils engagent un "gars" que le nombre "d'imitateurs" va diminuer ! Ils en font des
héros. C'est peut-être bon pour le commerce, mais c'est pire d'un point de vue psychologique.
Et les déplombeurs
qui proposent de nouvelles protections aux éditeurs ?
Je préférerais qu'ils fassent des programmes attractifs, des jeux dynamiques, avec de la musique, des
images, des scénarios, des idées, de la culture... Et alors, ils viendront à l'APP pour être protégés !
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