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A propos d'Obligement
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David Brunet
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Test de Black Viper
(Article écrit par Richard Löwenstein et extrait d'Amiga Joker - avril 1996)
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La question que nous nous posions en interne concernant ce nouveau jeu d'action à moto était de
savoir si un produit aussi peu abouti méritait vraiment deux pages complètes de test. Mais comme
les "amigos" affamés de deux-roues risquent de se ruer sur ce titre, la décision a finalement été
prise en faveur d'un article détaillé, par souci d'exhaustivité.
Les plus anciens d'entre vous se souviennent-ils du dernier jeu de course de moto sur Amiga qui en
valait vraiment la peine ? C'est exact, il s'agissait de
No Second Prize de Thalion, qui
remonte à Mathusalem (ou plus précisément à 1992). Malheureusement, Neo SOftware et les nouveaux venus
italiens de chez Light Shock Software ne parviendront pas à combler ce vide avec ce titre -
il risque plutôt de sombrer lui aussi rapidement dans l'oubli. Car pour qu'un jeu de "grosses bécanes"
tienne la route en termes de plaisir de jeu, il faut avant tout un affichage graphique rapide,
une maniabilité précise et, bien sûr, une bonne mécanique de jeu.
Or, Black Viper manque cruellement de tous ces atouts, ce que l'enrobage et les éléments de présentation
ne parviennent que très mal à masquer. Ainsi, selon le dossier de presse, un "professionnel de la scène
littéraire italienne" a été chargé d'écrire une petite introduction sympathique ; le résultat n'est pourtant
qu'un scénario post-apocalyptique insipide à la Mad Max.
L'introduction en question ennuie le joueur devant son moniteur à grands coups de textes interminables
et d'images fixes ; le déroulement du jeu lui-même n'est guère plus réjouissant. Car s'il ne manque pas
d'illustrations intermédiaires dignes d'intérêt, les graphismes du jeu proprement dit, eux, ne valent
pas vraiment le coup d'oeil. À moins que vous ne soyez friand de pistes en 3D dépouillées, qui ont plus
tendance à saccader vers l'observateur qu'à réellement zoomer.
Avant le coup de pistolet de départ, quelques décisions s'imposent sur l'écran titre : voulez-vous visionner
les petites cinématiques intermédiaires ? L'accélération de la moto doit-elle se faire à la manette
ou via le deuxième bouton de tir ? Ou bien avez-vous une manette CD32 sous la main, dont la configuration
serait alors proposée ? Une fois ces préparatifs terminés, on se retrouve face à une carte indiquant
quelles portions du réseau routier (qui compte au total 22 sections) sont accessibles. On peut également y
lire, en termes assez nébuleux, quels dangers guettent le pilote lors de la course suivante.
Seulement voilà, les dangers sont systématiquement les mêmes, et la tâche reste toujours identique.
On fonce donc au guidon d'une moto haute-technologie armée sur des tracés peu vallonnés et sans
grande variété, en canardant les véhicules à peine différenciés de gangs motorisés en maraude.
De temps à autre, on peut grappiller des bonus qui, selon leur apparence, octroient temporairement un
turbo, l'invulnérabilité ou d'autres capacités spéciales peu spectaculaires. L'argent récolté peut
être échangé, après chaque course d'environ quatre minutes, contre des fusils à double canon, des
lots d'énergie, des pneus plus adhérents et d'autres équipements, mais cela ne suffit pas à redresser
la barre.
Les erreurs de conception sont en effet trop grossières. Par exemple, à cause d'une limite de temps
impitoyable, rouler plein gaz en permanence est le premier devoir du motard, ce qui rend évidemment
toute manoeuvre d'évitement ciblée impossible - ne serait-ce que parce que les ennemis, lampadaires
et autres obstacles surgissent en une fraction de seconde. Certes, tant que le contact n'est sanctionné
que par une perte d'énergie, le simple fait de "désintégrer" au laser tout ce qui arrive en face
garantit la progression.
Cependant, dans les niveaux avancés, même une sortie de piste accidentelle dans la pampa est punie par
la perte immédiate de votre (unique) vie. Quant aux possibilités de continuer ou aux codes de niveau, ils brillent
par leur absence, si bien que l'envie est très vite rattrapée par la frustration.
Et la liste des défauts n'est malheureusement pas complète : aux ratés de la mécanique de jeu
et au manque d'innovation s'ajoutent quelques soucis d'ergonomie. L'utilisation sur disquettes
se paie au prix d'un changement incessant de supports, et l'installation sur disque dur (pourtant
exemplaire dans son utilisation) sature le répertoire de destination de pas moins de deux douzaines
de dossiers, sans aucun avertissement préalable.
On ne comprend pas non plus pourquoi le programme exige au moins 1 Mo de mémoire Chip, ce qui le
rend compatible exclusivement avec les Amiga de type A500 Plus, A600, A1200, etc., mais pas avec
les vieux modèles A500 et A2000.
Ce n'est en tout cas pas à cause des graphismes, car ils ne justifient en rien une telle gourmandise
en mémoire. Même si les photos colorées sur cette page peuvent paraître acceptables, l'écran est
marqué par des animations sans âme et un manque flagrant de détails.
Concernant les véhicules ennemis (le sprite du joueur est correct), je citerai le commentaire d'un
collègue lors de la conférence de notation : "On dirait des cailloux sur roues !". Inutile de préciser
que ni les bonus visuels, ni les bons effets sonores, ni les musiques d'ambiance ne parviendront à
transformer ce vilain petit canard en cygne.
Enfin, en ce qui concerne les versions AGA ou CD annoncées pour ces batailles routières apocalyptiques,
nous ne pouvons laisser que peu d'espoir aux motards parmi vous : l'introduction en images de
synthèse promise et les quelques voix numérisées supplémentaires ne suffiront guère à transformer
cet orvet en une vipère vraiment mordante.
Nom : Black Viper.
Développeurs : Light Shock Software.
Éditeur : neo Software Produktions.
Genre : jeu de course.
Date : 1996.
Configuration minimale : Amiga OCS, 68000, 1 Mo de mémoire.
Licence : commercial.
Prix : 69 DM (environ 230 FF).
NOTE : 5,5/10.
Les points forts :
- Très rapide.
- Une course avec de l'action, des armes et des bonus.
- Gestion de la manette CD32.
- Graphismes colorés, surtout les images fixes.
- De bons effets sonores.
- Les musiques d'ambiance.
Les points faibles :
- Une limite de temps impitoyable.
- Trop de textes dans l'introduction.
- Les dangers sont toujours les mêmes.
- Tracés peu vallonnés et sans grande variété.
- Une sortie de route et vous perdez votre unique vie.
- Pas de possibilités de continuer ou de codes de niveaux.
- Changement incessant depuis les disquettes.
- Manque de détails graphiques.
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