Obligement - L'Amiga au maximum

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Test de Black Viper
(Article écrit par Richard Löwenstein et extrait d'Amiga Joker - avril 1996)


La question que nous nous posions en interne concernant ce nouveau jeu d'action à moto était de savoir si un produit aussi peu abouti méritait vraiment deux pages complètes de test. Mais comme les "amigos" affamés de deux-roues risquent de se ruer sur ce titre, la décision a finalement été prise en faveur d'un article détaillé, par souci d'exhaustivité.

Black Viper

Les plus anciens d'entre vous se souviennent-ils du dernier jeu de course de moto sur Amiga qui en valait vraiment la peine ? C'est exact, il s'agissait de No Second Prize de Thalion, qui remonte à Mathusalem (ou plus précisément à 1992). Malheureusement, Neo SOftware et les nouveaux venus italiens de chez Light Shock Software ne parviendront pas à combler ce vide avec ce titre - il risque plutôt de sombrer lui aussi rapidement dans l'oubli. Car pour qu'un jeu de "grosses bécanes" tienne la route en termes de plaisir de jeu, il faut avant tout un affichage graphique rapide, une maniabilité précise et, bien sûr, une bonne mécanique de jeu.

Or, Black Viper manque cruellement de tous ces atouts, ce que l'enrobage et les éléments de présentation ne parviennent que très mal à masquer. Ainsi, selon le dossier de presse, un "professionnel de la scène littéraire italienne" a été chargé d'écrire une petite introduction sympathique ; le résultat n'est pourtant qu'un scénario post-apocalyptique insipide à la Mad Max.

Black Viper

L'introduction en question ennuie le joueur devant son moniteur à grands coups de textes interminables et d'images fixes ; le déroulement du jeu lui-même n'est guère plus réjouissant. Car s'il ne manque pas d'illustrations intermédiaires dignes d'intérêt, les graphismes du jeu proprement dit, eux, ne valent pas vraiment le coup d'oeil. À moins que vous ne soyez friand de pistes en 3D dépouillées, qui ont plus tendance à saccader vers l'observateur qu'à réellement zoomer.

Avant le coup de pistolet de départ, quelques décisions s'imposent sur l'écran titre : voulez-vous visionner les petites cinématiques intermédiaires ? L'accélération de la moto doit-elle se faire à la manette ou via le deuxième bouton de tir ? Ou bien avez-vous une manette CD32 sous la main, dont la configuration serait alors proposée ? Une fois ces préparatifs terminés, on se retrouve face à une carte indiquant quelles portions du réseau routier (qui compte au total 22 sections) sont accessibles. On peut également y lire, en termes assez nébuleux, quels dangers guettent le pilote lors de la course suivante.

Seulement voilà, les dangers sont systématiquement les mêmes, et la tâche reste toujours identique. On fonce donc au guidon d'une moto haute-technologie armée sur des tracés peu vallonnés et sans grande variété, en canardant les véhicules à peine différenciés de gangs motorisés en maraude.

Black Viper

De temps à autre, on peut grappiller des bonus qui, selon leur apparence, octroient temporairement un turbo, l'invulnérabilité ou d'autres capacités spéciales peu spectaculaires. L'argent récolté peut être échangé, après chaque course d'environ quatre minutes, contre des fusils à double canon, des lots d'énergie, des pneus plus adhérents et d'autres équipements, mais cela ne suffit pas à redresser la barre.

Les erreurs de conception sont en effet trop grossières. Par exemple, à cause d'une limite de temps impitoyable, rouler plein gaz en permanence est le premier devoir du motard, ce qui rend évidemment toute manoeuvre d'évitement ciblée impossible - ne serait-ce que parce que les ennemis, lampadaires et autres obstacles surgissent en une fraction de seconde. Certes, tant que le contact n'est sanctionné que par une perte d'énergie, le simple fait de "désintégrer" au laser tout ce qui arrive en face garantit la progression.

Cependant, dans les niveaux avancés, même une sortie de piste accidentelle dans la pampa est punie par la perte immédiate de votre (unique) vie. Quant aux possibilités de continuer ou aux codes de niveau, ils brillent par leur absence, si bien que l'envie est très vite rattrapée par la frustration.

Et la liste des défauts n'est malheureusement pas complète : aux ratés de la mécanique de jeu et au manque d'innovation s'ajoutent quelques soucis d'ergonomie. L'utilisation sur disquettes se paie au prix d'un changement incessant de supports, et l'installation sur disque dur (pourtant exemplaire dans son utilisation) sature le répertoire de destination de pas moins de deux douzaines de dossiers, sans aucun avertissement préalable.

On ne comprend pas non plus pourquoi le programme exige au moins 1 Mo de mémoire Chip, ce qui le rend compatible exclusivement avec les Amiga de type A500 Plus, A600, A1200, etc., mais pas avec les vieux modèles A500 et A2000.

Ce n'est en tout cas pas à cause des graphismes, car ils ne justifient en rien une telle gourmandise en mémoire. Même si les photos colorées sur cette page peuvent paraître acceptables, l'écran est marqué par des animations sans âme et un manque flagrant de détails.

Black Viper

Concernant les véhicules ennemis (le sprite du joueur est correct), je citerai le commentaire d'un collègue lors de la conférence de notation : "On dirait des cailloux sur roues !". Inutile de préciser que ni les bonus visuels, ni les bons effets sonores, ni les musiques d'ambiance ne parviendront à transformer ce vilain petit canard en cygne.

Enfin, en ce qui concerne les versions AGA ou CD annoncées pour ces batailles routières apocalyptiques, nous ne pouvons laisser que peu d'espoir aux motards parmi vous : l'introduction en images de synthèse promise et les quelques voix numérisées supplémentaires ne suffiront guère à transformer cet orvet en une vipère vraiment mordante.

Nom : Black Viper.
Développeurs : Light Shock Software.
Éditeur : neo Software Produktions.
Genre : jeu de course.
Date : 1996.
Configuration minimale : Amiga OCS, 68000, 1 Mo de mémoire.
Licence : commercial.
Prix : 69 DM (environ 230 FF).

NOTE : 5,5/10.

Les points forts :

- Très rapide.
- Une course avec de l'action, des armes et des bonus.
- Gestion de la manette CD32.
- Graphismes colorés, surtout les images fixes.
- De bons effets sonores.
- Les musiques d'ambiance.

Les points faibles :

- Une limite de temps impitoyable.
- Trop de textes dans l'introduction.
- Les dangers sont toujours les mêmes.
- Tracés peu vallonnés et sans grande variété.
- Une sortie de route et vous perdez votre unique vie.
- Pas de possibilités de continuer ou de codes de niveaux.
- Changement incessant depuis les disquettes.
- Manque de détails graphiques.


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